samedi 1 février 2014

Obstination de la ministre A. Filippetti contre la reconnaissance du BÉARNAIS et du GASCON

Face à l'intransigeance partisane d'A. Filipetti, objectivement à la solde du mouvement occitaniste, voici quelques rappels salutaires de ce qu'en disent quelques universitaires et non des moindres !

Ci-dessous, l'extrait de l'article de l'Express

Selon cette liste, il existerait huit langues d'oïl, mais une seule langue d'oc. Des linguistes prestigieux, comme Claude Hagège ou Henriette Walter, contestent cette approche et exigent notamment la reconnaissance distincte du gascon...

«Il est évident que l'occitan n'est parlé que sous la forme de chacune de ses variétés. Mais la reconnaissance d'un occitan unique offre des avantages: il existe ainsi un seul Capes d'occitan, sachant que ce sont ses déclinaisons qui, en pratique, sont enseignées.»
A. Filipetti

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/region/aurelie-filippetti-les-langues-regionales-nous-enrichissent_1317942.html#ulIxtbWiLssAQstU.99

Pierre BOURDIEU et le projet d’« Occitanie »



►     Ce que parler veut dire, Fayard, 1982, p. 140
« Le fait d'appeler «occitan5» la langue que parlent ceux que l'on appelle les «Occitans» parce qu'ils parlent cette langue (que personne ne parle à proprement parler puisqu'elle n'est que la somme d'un très grand nombre de parlers différents) et de nommer «Occitanie», prétendant ainsi à la faire exister comme «région» ou comme «nation» (avec toutes les implications historiquement constituées que ces notions enferment au moment considéré), la région (au sens d'espace physique) où cette langue est parlée, n'est pas une fiction sans effet6.
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5. L 'adjectif «occitan», et, a fortiori, le substantif «Occitanie» sont des mots savants et récents (forgés par la latinisation de langue d'oc en lengua occitana), destinés à désigner des réalités savantes qui, pour le moment au moins, n'existent que sur le papier.
6. En fait, cette langue est elle-même un artefact social, inventé au prix d'une indifférence décisoire aux différences, qui reproduit au niveau de la «région» l’imposition arbitraire d'une norme unique contre laquelle se dresse le régionalisme et qui ne pourrait devenir le principe réel des pratiques linguistiques qu’au prix d'une inculcation systématique analogue à celle qui a imposé l’usage généralisé du français. »

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     Extrait de la préface du n° spécial des Cahiers de l’Université « Langues en Béarn », PUM, Toulouse, 1989, p.5
« Puis il y eut, et il y a encore, la revendication militante des "occitanistes" qui, dans leur volonté d'unification inséparable d'une forme de centralisme, font ressurgir, à un niveau d'agrégation inférieur, les contradictions mêmes dont leur lutte est le produit, suscitant la réaction identitaire des "gasconnistes", ou même des "béarnistes", à nouveau menacés d'être engloutis dans une unité plus englobante et de voir leur particularité renvoyée au statut de particularisme, leur langue au rang de dialecte, voué à la correction.»

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Henriette WALTER et LA LANGUE BÉARNAISE

Henriette WALTER
 Professeur honoraire de linguistique à l'université de Haute-Bretagne
 Ex. Dir. du Laboratoire de Phonologie EPHE (4e Section) Paris
• Présidente de la Société Internationale de Linguistique Fonctionnelle
 Membre du Conseil Supérieur de la langue française
 Membre du Conseil International de la Langue Française
 Officier de la Légion d'Honneur
 Commandeur des Arts et Lettres


Le béarnais*

Le gascon n'est pas uniforme et, parmi ses différentes variétés, c'est surtout pour des raisons historiques qu'il convient de réserver une place particulière au béarnais, car cet idiome a été la seule langue officielle de la vicomté de Béarn pendant plus de trois siècles, de 1347 à 1620, date de l'annexion à la France. D'ailleurs, lorsque Jeanne d'Albret, mère d'Henri IV, au milieu du XVIe siècle, souhaite répandre le protestantisme sur ses terres, elle commande une traduction des Psaumes en béarnais pour le Béarn, et en gascon pour ses domaines d'Albret, de Marsan et de Gabardan : signe que les deux langues étaient bien considérées comme distinctes à cette époque lointaine.


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*Henriette WALTER Aventures et mésaventures des langues de France, Éditions du Temps, 2008.
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Reconnaître le BÉARNAIS et le GASCON : la parole aux universitaires

MANIFESTE
pour la reconnaissance
du béarnais et du gascon
présenté par la revue Modèles linguistiques
En suspens depuis plusieurs années dans l’attente d’une révision constitutionnelle qui jamais ne vient, le destin des langues dites régionales ou, mieux, minoritaires, va peut-être se jouer dans les mois à venir.
       Les langues minoritaires historiques ne menacent ni le français ni la France. Le vrai danger est dans leur reconnaissance chichement mesurée et même, dans certains cas, dans une hostilité qui frise lʼinterdiction. Il fut un temps où l’on clamait paradoxalement, mais non sans raison profonde, qu’il était « interdit dʼinterdire ».
       On devrait estimer, respecter, aimer de près ou de loin des langues qui se parlent et qui s’écrivent en France depuis des siècles. Elles font effectivement partie du patrimoine (Article 75-1 de la Constitution), donc de son histoire millénaire. Les nier, c’est non seulement renier cette histoire, mais sʼinscrire en marge de la Constitution. Les reconnaître pleinement et les soutenir est à nos yeux un devoir national.
Région Aquitaine : le cas du béarnais et du gascon
Voilà pourquoi, nous, linguistes, sociolinguistes et historiens soussignés, demandons instamment à toutes les femmes et à tous les hommes politiques de veiller à faire inscrire séparément le béarnais et le gascon dans la liste des langues de France établie par la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France :
Marie-Stéphane BOURJAC, professeur émérite des universités (Univ. du Sud Toulon-Var) — Jean-Claude CHEVALIER, professeur émérite des Universités (Paris 8) — Raphëlle COSTA DE BEAUREGARD, professeur émérite des Universités (Toulouse II) — Christian DESPLAT, professeur émérite des Universités, Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA) ; président d’honneur de l’Académie de Béarn — Ahmed EL KALADI, maître de conférences (Université d’Artois, Arras) — Claude HAGÈGE, professeur au Collège de France — Hassan HAMZÉ, professeur des Universités (Univ. Lumière Lyon II) — André JOLY, professeur émérite des Universités (Paris-Sorbonne) ; co-directeur de la revue Modèles linguistiques — Georges KLEIBER, professeur émérite des Universités (Strasbourg II) — DanielleLEEMAN, professeur des Universités (Paris-Nanterre) ; responsable éditoriale des revues Langages et Langue française chez Larousse — Robert MARTIN, professeur émérite des Universités (Paris-Sorbonne) ; membre de l’Institut, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris — Bernard MOREUX, maître de conférences honoraire (Université de Pau et des Pays de l’Adour) ; auteur de dictionnaires de béarnais — Franck NEVEU, professeur des Universités (Paris-Sorbonne) — DairineNI CHEALLAIGH, professeur des Universités (Univ. du Sud Toulon-Var) ; co-directrice de la revue Modèles linguistiques — Bernard POTTIER, professeur émérite des Universités (Paris-Sorbonne) ; membre de l’Institut, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris — Sylviane RÉMI-GIRAUD, professeur émérite des Universités (Univ. Lumière, Lyon II) — Alain REY, lexicographe, rédacteur en chef des publications des éditions Le Robert — Mario ROSSI, professeur émérite des Universités, Laboratoire CNRS Parole et Langage, Université de Provence (Aix-Marseille) — Daniel ROULLAND, professeur des Universités (Rennes II) — Pierrette VACHON-LHEUREUX, chercheuse au Fonds Gustave Guillaume, Université Laval, Québec — Henriette WALTER, professeur honoraire des Universités (Rennes II) ; École Pratique des Hautes Études, EPHE, Paris.
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 Cliquez ci-dessous pour lire l'article complet :

http://biarn-toustem.blogspot.fr/p/un-manifeste-pour-la-reconnaissance-du.html

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