mercredi 9 juillet 2014

Aquitaine + Midi-Pyrénées = mariage de la carpe et du lapin

CONSTERNANT et AFFLIGEANT...
Des politiques béarnais ont cru bon de mettre en avant, dans leur amendement N°CD4 "SUD-OUEST"* à l'assemblée nationale, l’argument de « la langue occitane » pour étayer leur proposition de fusion Aquitaine-Midi-Pyrénées.
Ils feraient mieux d'étudier un excellent auteur béarnais dont ils ont parfois l’audace de se réclamer !
Alors, sans plus attendre, qu’ils lisent et relisent PIERRE BOURDIEU au lieu de contribuer gravement par leur amendement à la destruction de la culture béarnaise et gasconne par noyade pure et simple dans le projet culturel occitaniste, mariage de la carpe et du lapin, aux relents autonomistes stupidement anti-français, dans une adoration quasi mystique de la graphie dite « classique » consacrée dans les années 30 par un pharmacien languedocien de l’Aude, Louis Alibert, condamné à la Libération à 5 ans de prison pour collaboration et frappé d’indignité nationale à vie.
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Le sociologue béarnais Pierre BOURDIEU et le projet d’«Occitanie»

Pierre BOURDIEU et le projet d’« Occitanie »



►     Ce que parler veut dire, Fayard, 1982, p. 140
« Le fait d'appeler «occitan5» la langue que parlent ceux que l'on appelle les «Occitans» parce qu'ils parlent cette langue (que personne ne parle à proprement parler puisqu'elle n'est que la somme d'un très grand nombre de parlers différents) et de nommer «Occitanie», prétendant ainsi à la faire exister comme «région» ou comme «nation» (avec toutes les implications historiquement constituées que ces notions enferment au moment considéré), la région (au sens d'espace physique) où cette langue est parlée, n'est pas une fiction sans effet6.
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5. L 'adjectif «occitan», et, a fortiori, le substantif «Occitanie» sont des mots savants et récents (forgés par lalatinisation de langue d'oc en lengua occitana), destinés à désigner des réalités savantes qui, pour le moment au moins, n'existent que sur le papier.
6. En fait, cette langue est elle-même un artefact social, inventé au prix d'une indifférence décisoire aux différences, qui reproduit au niveau de la «région» l’imposition arbitraire d'une norme unique contre laquelle se dresse le régionalisme et qui ne pourrait devenir le principe réel des pratiques linguistiques qu’au prix d'une inculcation systématique analogue à celle qui a imposé l’usage généralisé du français. »

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     Extrait de la préface du n° spécial des Cahiers de l’Université « Langues en Béarn », PUM, Toulouse, 1989, p.5
« Puis il y eut, et il y a encore, la revendication militante des "occitanistes" qui, dans leur volonté d'unification inséparable d'une forme de centralisme, font ressurgir, à un niveau d'agrégation inférieur, les contradictions mêmes dont leur lutte est le produit, suscitant la réaction identitaire des "gasconnistes", ou même des "béarnistes", à nouveau menacés d'être engloutis dans une unité plus englobante et de voir leur particularité renvoyée au statut de particularisme, leur langue au rang de dialecte, voué à la correction.»

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