mardi 13 octobre 2015

Pour une JUSTE reconnaissance de TOUTES les langues régionales de France

Vous les aurez peut-être vues dans la presse, toutes ces cartes de France illustrant les territoires des langues régionales***. Elles «oublient» carrément nombre de langues dont le béarnais et le gascon. Cette injustice n'est pas nouvelle, on peut tout de même s'étonner que les élus ne fassent rien pour y remédier...
Il y a déjà trois ans, à l'initiative d'une revue universitaire de linguistique, était paru un Manifeste pour la reconnaissance du béarnais et du gascon...
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Un manifeste pour la reconnaissance du béarnais et du gascon


MANIFESTE
pour la reconnaissance du béarnais et du gascon
présenté par la revue Modèles linguistiques

MODÈLES LINGUISTIQUES
ML est une revue semestrielle de linguistique théorique et de linguistique appliquée fondée en 1979. Organe d’une équipe associée au C.N.R.S. (Recherche en Psychomécanique du Langage, URA 1030), elle a suivi l’itinéraire de ses co-directeurs, Dairine Ní Cheallaigh (forme anglicisée : Ó Kelly) et André Joly, à savoir : Université de Lille III, École nationale des Arts et Métiers (ENSAM-Lille), Paris IV-Sorbonne, Université du Sud Toulon-Var. En 2004, elle s’est constituée en Association 1901, enregistrée dans les Pyrénées-Atlantiques à la sous-préfecture d’Oloron-Sainte-Marie.
       En 33 ans de carrière, Modèles linguistiques, qui publie en 2012 son 66e volume, s’est acquis une audience internationale. Bien que publiant quasi exclusivement en français, la revue compte parmi ses abonnés une cinquantaine d’universités étrangères, essentiellement en Europe, en Asie et en Amérique. En 2009, pour célébrer le trentième anniversaire de sa fondation (58 volumes publiés), elle a édité un catalogue où l’on dénombrait 370 auteurs, français et étrangers (en traduction française). Le C.N.R.S. la classe parmi les trois meilleures revues de linguistique en France.
       Parallèlement aux deux numéros annuels, mais de manière irrégulière, Modèles linguistiques publie des ouvrages « hors-série ». Au début de 2013, elle inaugurera une nouvelle collection intitulée « Langues et cultures régionales » Le premier volume sera consacré au Béarn et à la Gascogne.
       La vocation de Modèles linguistiques n’est pas seulement scientifique. Face à la disparition dans le monde de quelque 200 langues tous les ans, elle milite pour la sauvegarde des patrimoines linguistiques et culturels. D’où le Manifeste qu’on pourra lire ci-dessous, signé par des universitaires et soutenu, dans cette première phase d’une campagne de sensibilisation, par une soixantaine de personnalités politiques.
Mourenx, 12 septembre 2012

LE MANIFESTE
En suspens depuis plusieurs années dans l’attente d’une révision constitutionnelle qui jamais ne vient, le destin des langues dites régionales ou, mieux, minoritaires, va peut-être se jouer dans les mois à venir.
       Les langues minoritaires historiques ne menacent ni le français ni la France. Le vrai danger est dans leur reconnaissance chichement mesurée et même, dans certains cas, dans une hostilité qui frise lʼinterdiction. Il fut un temps où l’on clamait paradoxalement, mais non sans raison profonde, qu’il était « interdit dʼinterdire ».
       On devrait estimer, respecter, aimer de près ou de loin des langues qui se parlent et qui s’écrivent en France depuis des siècles. Elles font effectivement partie du patrimoine (Article 75-1 de la Constitution), donc de son histoire millénaire. Les nier, c’est non seulement renier cette histoire, mais sʼinscrire en marge de la Constitution. Les reconnaître pleinement et les soutenir est à nos yeux un devoir national.
Région Aquitaine : le cas du béarnais et du gascon
       Il existerait en France métropolitaine une vingtaine de langues régionales au sens courant du terme. Lʼincertitude quant à leur nombre exact tient en partie au décompte des langues méridionales, dites aussi « langues d’oc » — lʼappellation, que l’on doit à Dante, est lourde dʼambiguïté —, par opposition aux langues du nord, ou « langues d’oïl ».
       Le débat peut être résumé de manière simple : les langues du sud de la France forment-elles une seule langue, quel que soit le nom qu’on donne à celle-ci, ou bien doivent-elles être reconnues pour ce qu’elles sont réellement, chacune avec sa spécificité linguistique et territoriale ? Elles le sont en principe dans la liste établie par la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France (DGLFLF) en 1999.
       Toutefois, le béarnais et le gascon n’y sont pas correctement représentés, du fait de leur inclusion dans la dénomination « langue d’oc ou occitan » (expression utilisée par la DGLFLF). Les conséquences peuvent en être graves à terme. Elles le sont actuellement, si l’on en juge d’après les pratiques dans la région Aquitaine à tous les niveaux. Ces pratiques sont largement discriminatoires à l’égard du béarnais et du gascon, qui ne sont pas soutenus comme ils devraient l’être s’ils étaient traités séparément en tant que langues — et, partant, en tant que cultures — structurellement autonomes.
       Cette situation n’est pas acceptable du point de vue historique. Par exemple, dans lʼensemble gascon, le béarnais est écrit depuis le XIe siècle. Au Moyen Âge, c’est la langue officielle d’un État souverain, utilisée comme modèle par ses voisins. Largement employée à lʼécrit, y compris dans certains documents administratifs, jusqu’à la Révolution, le béarnais a été parlé dans les campagnes, partiellement dans les villes, jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, et même dans les années 80-90, selon certaines enquêtes.
       Cette situation n’est pas acceptable du point de vue linguistique. Depuis le milieu du XIXe siècle, linguistes et sociologues (cf. Pierre Bourdieu, Ce que parler veut dire, 1982) reconnaissent que le béarnais, et plus généralement le gascon, est non seulement une langue romane autonome, au sens génétique du terme, héritière d’un substrat aquitain très ancien, mais aussi une langue à part entièrepar lʼensemble de ses traits définitoires (phonétiques, lexicaux, morphologiques et surtout syntaxiques), qui la différencient, par exemple, du languedocien et du provençal. Tout parler structuré servant à lʼexpression culturelle de la pensée et de lʼaffectivité est une langue.
       Pour ce qui est de la spécificité du béarnais et du gascon, il n’est que de se plonger dans la lecture de ce chef-d’œuvre de Simin Palay qu’est le Dictionnaire du béarnais et du gascon modernes dont on célèbre cette année le 80e anniversaire (Marrimpouey, Pau, 1932), réédité depuis 1961 par le Centre National de la Recherche Scientifique.
Voilà pourquoi, nous, linguistes, sociolinguistes et historiens soussignés, demandons instamment à toutes les femmes et à tous les hommes politiques de veiller à faire inscrire séparément le béarnais et le gascon dans la liste des langues de France établie par la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France :
Marie-Stéphane BOURJAC, professeur émérite des universités (Univ. du Sud Toulon-Var) — Jean-Claude CHEVALIER, professeur émérite des Universités (Paris 8) — Raphëlle COSTA DE BEAUREGARD, professeur émérite des Universités (Toulouse II) — Christian DESPLAT, professeur émérite des Universités, Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA) ; président d’honneur de l’Académie de Béarn — Ahmed EL KALADI, maître de conférences (Université d’Artois, Arras) — Claude HAGÈGE, professeur au Collège de France — Hassan HAMZÉ, professeur des Universités (Univ. Lumière Lyon II) — André JOLY, professeur émérite des Universités (Paris-Sorbonne) ; co-directeur de la revue Modèles linguistiques — Georges KLEIBER, professeur émérite des Universités (Strasbourg II) — DanielleLEEMAN, professeur des Universités (Paris-Nanterre) ; responsable éditoriale des revues Langages et Langue française chez Larousse — Robert MARTIN, professeur émérite des Universités (Paris-Sorbonne) ; membre de l’Institut, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris — Bernard MOREUX, maître de conférences honoraire (Université de Pau et des Pays de l’Adour) ; auteur de dictionnaires de béarnais — Franck NEVEU, professeur des Universités (Paris-Sorbonne) — DairineNI CHEALLAIGH, professeur des Universités (Univ. du Sud Toulon-Var) ; co-directrice de la revue Modèles linguistiques — Bernard POTTIER, professeur émérite des Universités (Paris-Sorbonne) ; membre de l’Institut, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris — Sylviane RÉMI-GIRAUD, professeur émérite des Universités (Univ. Lumière, Lyon II) — Alain REY, lexicographe, rédacteur en chef des publications des éditions Le Robert — Mario ROSSI, professeur émérite des Universités, Laboratoire CNRS Parole et Langage, Université de Provence (Aix-Marseille) — Daniel ROULLAND, professeur des Universités (Rennes II) — Pierrette VACHON-LHEUREUX, chercheuse au Fonds Gustave Guillaume, Université Laval, Québec — Henriette WALTER, professeur honoraire des Universités (Rennes II) ; École Pratique des Hautes Études, EPHE, Paris.
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Liste provisoire des élus signataires 

au 11 novembre 2012

L’Institut Béarnais et Gascon et l’association Biarn Toustém ont décidé de publier ci-dessous la liste des élus signataires à ce jour.
Tout d’abord, un grand merci à tous les élus qui ont légitimé la demande de reconnaissance du Béarnais et du Gascon en apportant leur soutien au « Manifeste » lancé par la revue universitaire « Modèles linguistiques », que l'IBG a publié dans sa Lettre n°31 et que Biarn Toustém a posté sur son blog.
Ce manifeste, signé par une vingtaine d’universitaires, linguistes, sociolinguistes et historiens de renommée nationale voire internationale, spécialistes des questions de langues en contact, demande instamment que le BÉARNAIS et le GASCON soient enfin reconnus comme langues de France et inscrits séparément dans la liste établie par la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France (la DGLFLF).
La liste d'élus signataires est déjà conséquente, certes, mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin, poursuivons notre campagne de signatures auprès des élus du Béarn et de la Gascogne afin que les pouvoirs publics reconnaissent officiellement l’existence du béarnais et du gascon.
Pèy de Bidau
Coordinateur de la campagne de signatures
Vice-président de l'IBG
Vice-président de Biarn Toustém

Liste des élus signataires :

 Députés et suppléants
 HABIB David, maire de Mourenx, Pdt. de la C.C. de Lacq, Député de la 3ème circonscription des Pyrénées-Atlantiques -  LASSALLE Jean, maire de Lourdios-Ichère, CG du canton d’Accous, Député de la 4ème circonscription des Pyrénées-Atlantiques -  MARIETTE André, Député suppléant (1ère circonscription des Pyrénées-Atlantiques)

 Conseillers généraux
 ARRIBES André, maire de BIZANOS, CG du canton de Pau-sud  ARRIUBERGÉ Jean, maire de HAUT-DE-BOSDARROS, CG du canton de Nay-ouest  BERDOU André CG du canton de Laruns, Vice-président du CG64  DOMEC Jean-Pierre, CG du canton d’Oloron-est  DUPONT Bernard, maire de MALAUSSANE, Pdt. de la C.C. d'Arzacq, CG du canton d’Arzacq  ECENARRO Kotte, CG du canton d’Hendaye, Vice-président du CG64  LAFITTE Odile, CG du canton d'Amou  LUCBÉREILH Hervé, CG du canton d’Oloron-ouest  MARIETTE Christiane, CG du canton de Lescar, Vice-présidente du CG64  PEDEHONTAA Jacques, maire de LAAS, CG du canton de Navarrenx  PETCHOT-BACQUÉ Christian, maire de LAGOS, Pdt. de la C.C. du Pays de Nay, CG du canton de Nay-est  SOUDAR Bernard, maire de LAROIN, CG du canton de Jurançon, Vice-président du CG64.

• Maires, adjoints et conseillers municipaux
• ARRABIE Bernard, maire d'ANGAÏS et ses adjoints : Barbé-Barrailh Laurent, Horgue Nicole, Peyrucq Maria, Vigneau Hubert • ARRIBÈRE Daniel, maire de LAY-LAMIDOU • ARTIGUET Pierre, maire d'ORIN • BALDAN Patrick, maire de CASTETNAU-CAMBLONG • BARBÉ François, maire de St LAURENT-BRETAGNE • BARATS Jean-Claude, adjoint au maire de BIELLE • BARTZ Nadine, maire de BILHÈRES EN OSSAU • BAUCOU Jean, maire de NAVARRENX • BERNOS Michel, maire de JURANÇON • BOUGUINAT Bernard, maire d’AYDIUS • BOUSSOU Jean, maire de SAINTE-COLOME • CASTRO André, Maire de GELOS et ses adjoints : Cantounat Jean-Claude, Casenave Michelle, Delauney Sylvie, Hochart Stéphane, Keruzoré Élisabeth, Lannes Laurent, Narbout Marie-Hélène, Noailles Alain • CAZENAVE-LARROCHE Didier, maire de GEÜS D'OLORON • CASSOU Michel, maire de PARDIES-PIETAT • COUSTÉ Marcel, maire de GÉRONCE • COSTEMALLE Louis, maire de GURS • CROHARÉ Emmanuel, maire de LICHOS • DAGUERRE André, maire de CHARRE • DARMAILLACQ Jean-Jacques, maire d'AMOU • DUFAU Marc, maire de BOEIL-BEZING • ESTECAHANDY Gilbert et Estreboou-Suberbie Alain, conseillers municipaux de MOUMOUR • FRECHOU Gérard, maire de LEDEUIX • GUIRAUT Jean, maire de TARON-SADIRAC-VIELLENAVE et son 1er adjoint Lanne-Touyague Henri • LABOUR Jean, maire de SAUVETERRE-DE-BÉARN • LACABE René, maire de PARDIES • LAMBERT Nadine, maire d'ARAUX • LAGRAVE Dominique, maire de PRÉCHACQ-JOSBAIG • LAMARQUE Marcel, maire de LUCCARRÉ • LAMOURE Maïté, conseillère municipale, pour le maire de LOUVIE-JUZON • LANGLA Jacques, maire de BASTANÈS • LANNES Jean-Pierre, maire de BOSDARROS • LARCO Jean-Claude, maire de d'ARAUJUZON et son conseiller municipal et maire honoraire Higué Pierre • LARROZE Lucien, maire de SEDZÈRE et ses adjoints et conseillers : Cassou Corine, Clavé Olivier, Fernandes Véronique, Garnier Sylvie, Imar Gabriel, Laborde Marc, Lasserre Patricia, Castaing Richard • LASSALLE Marc, maire de NABAS • LASSERRE-BISCONTE Albert, maire de LUCQ DE BÉARN • LENDRE Jean-Baptiste, maire de MÉRITEIN • LEPRAT Marc, maire d'AUDAUX • LOURTEIG Félix, maire de BESCAT • MARESTIN Jean, maire de St GOIN • MARTIN Fernand, maire de BUZY • MATHEU Joseph, maire d'OGENNE-CAMPTORT • MIQUEU LE CHANONY Élisabeth, maire de POEY D'OLORON • MIRANDE David, maire d'AREN • MONTEGUT Marcel, maire de RIVEHAUTE • PASQUINE Michel, maire de SÉVIGNACQ-MEYRACQ • PÉDEBOY Stéphane, maire de SERRES-MORLAÀS et ses adjoints et conseillers : Clèdes Dominique, Laborde Dit Peré Christophe, Porthuaud Jacques, Tozzolino Pierre • PRUDHOMME Jean, maire d'IGON • ROCA Jean, maire de POEY DE LESCAR et ses adjoints et conseillers : Bordes Patrick, Destrade Michelle, Lacadée Rose-Marie, Pose Josette, Sarrot Gérard, Sivadon Pierre • ROUSTAA Vincent, maire de BALEIX • SAINT-JOSSE Jean, maire de COARRAZE • SANZ Alain, maire de RÉBÉNACQ • SARTHE Jean-Marc, conseiller municipal, pour le maire d'ARUDY

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