mercredi 29 juillet 2015

Huesca, 23, 24 et 25 juillet 2015 - XXIV Congrès Des Langues et Cultures Européennes Menacées

XXIV Congrès Des Langues et Cultures Européennes Menacées
Huesca, 23, 24 et 25 juillet 2015

L’ALCEM (Association pour les Langues et Cultures Européennes Menacées), dont le premier congrès avait eu lieu à Toulouse en 1965, avait organisé cette année son XXIVe Congrès (en aragonais : XXIV Congreso de Luengas e Culturas Europeyas Menazatas) les 23, 24 et 25 juillet à Huesca en Aragon. La municipalité avait mis une très belle salle (voir photos) située en plein centre ville à la disposition des organisateurs par ailleurs sponsorisés par trois organismes publics (la province, équivalent de notre conseil régional, et la ville) et soutenus par trois organismes privés. Exposition et vente de livres dans la rue, sous des arcades, et dans le hall du bâtiment, avec le concours d’un libraire : nombreuses publications sur l’aragonais, le provençal, le vénitien, le sarde, le gaélique d’Ecosse... et même le cévenol. Mais rien sur le béarnais, rien non plus sur l’« occitan ».
Les trois langues officielles utilisées ont été surtout l’espagnol, mais aussi le français et accessoirement l’anglais. Communications de divers types quant à la durée : une heure, une demi-heure, dix minutes. Assistance : une soixantaine de personnes le vendredi, une vingtaine le samedi matin pour la réunion des membres de l’ALCEM et le vote des résolutions. Bien que n’étant pas membres de l’association, nous avons pu assister à la réunion.
La conférence clé, censée donner le ton scientifiquement a été « prononcée » (lecture rapide et sans commentaires d’un texte projeté sur grand écran...) le vendredi matin par Michael Metzetin de l’Université de Vienne et de l’Österische Academie der Wissenschaften (Académie autrichienne des Sciences) sous le très étrange titre : Las lenguas sistemas inestables pero necesarios (“Les langues, systèmes instables mais nécessaires”). Le commentaire linguistique de cette double lapalissade nous entraînerait trop loin. Le message est que, pour sauver les langues en péril, il faut les “standardiser”, créer une koinè (langue commune) dont on se demande quel pourrait bien être le « système » (instable, mais nécessaire !). C’est en fait une version à peine moins agressive de l’occitanisme. Conclusion de Metzetin : les langues « patrimoniales » appartiennent au «musée» [en espagnol : “las lenguas patrimoniales pertenecen al museo” (sic)]. Dans ce cas, les langues standardisées appartiennent à la stratosphère !
Un exemple extrême de « standardisation » est proposé pour l’Ecosse par Marsaili Macleod, docteur de l’Université d’Aberdeen, sur le thème Small languages, big interventions: Gaelic in Scotland (voir photo) (“A petites langues, grosses interventions: le gaélique d’Ecosse”). Son objectif : étendre le gaélique, si proche de l’irlandais que c’est la même langue, à l’ensemble de l’Ecosse. Or, si le gaélique est parlé au sud-ouest, dans le Galloway, et au nord, dans les Highlands (les “hautes terres”), en revanche dans les Lowlands, notamment à Aberdeen, sur la mer du Nord, historiquement peuplés de Scandinaves et non de Celtes, sans parler des Pictes au Nord de l’Ecosse, on parle le Scots, langue germanique proche de l'anglais. C’est la langue de Robert Burns, poète symbole de l’Ecosse. Appliqué à la France, le projet du Dr Macleod — personnellement fort sympathique – reviendrait à imposer le breton à tous les Français, mettant du même coup entre parenthèses le poète symbole de la France, un certain Victor Hugo. Une aberration totale.
Passons sur l’intervention politiquement très marquée du Basque qui a, entre autres démérites, celui de ne pas traiter les trois provinces basques sur le territoire français.
Les autres communications ont été essentiellement sociolinguistiques. Bien informées, elles n’offrent cependant aucune réflexion, se bornant à offrir des statistiques qu’ont pourrait multiplier à l’infini.
Pour conclure, la gestion du temps et l’accumulation des retards ont fait que la discussion après les communications n’a pu avoir lieu. Nous aurions sans doute été les seuls à porter la contradiction, avec le résultat qu’on peut imaginer. En somme, ce congrès n’a sans doute apporté rien de plus que le précédent et les 22 autres. Quelques contacts ont été pris et le programme du Colloque Aragon-Béarn remis aux responsables locaux.

Pour l’axe Nord-Sud, la Reconquête et la bio-diversité !
Dairine Ni Cheallaigh & André Joly
Modèles linguistiques et cs.Béarn-Gascogne
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Quelques photos de Dairine Ni Cheallaigh
Présentation générale
Les Sardes
Les Basques du sud
Les Écossais

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