mercredi 14 octobre 2015

LA GRAPHIE DU BÉARNAIS APPELÉE « CLASSIQUE » N’EST PAS BÉARNAISE !

• Contrairement à la légende que font avantageusement courir ses promoteurs, la graphie dite « classique » n’est pas issue de la langue des fors de Béarn ou des cartulaires de la vallée d’Ossau, elle provient de textes médiévaux, certes, mais de ceux du Languedoc, textes à partir desquels a été élaborée une graphie néo-médiévale languedocienne, normalisée et divulguée par le pharmacien audois, Louis (/Adrien) ALIBERT dans sa GRAMATICA OCCITANA* publiée en 1935 par la Société d’Études Occitanes dont il est secrétaire et membre fondateur. Après la Libération, la S.E.O. se métamorphose opportunément en I.E.O., Institut d’Études Occitanes, et publie, au tout début des années 50, un opuscule de normalisation linguistique et orthographique** dans le cadre de l’application de la réforme linguistique occitane au gascon*** - et donc au béarnais qui n’a même pas le droit d’être cité, ne serait-ce qu’au rang dégradant de sous-dialecte...
• Non, pour les acteurs de la réforme linguistique occitane, le béarnais n’existe pas, pas plus, par voie de conséquence, que la formidable richesse patrimoniale de ses spécificités scripturales autochtones(1).
• En effet, les marqueurs spécifiques de la graphie béarnaise médiévale sont totalement absents de la graphie dite « classique » des occitanistes. C’est donc en vain que vous y chercherez :
- les « (i)x » pour transcrire le son [ʃ (ch)],
- les « -e » finaux pour remplacer la plupart du temps les « -a »,
- les doubles voyelles, « -aa », « -ee », « -ii », « -oo », « -uu »,
- les « y »,
- les « b » alternant avec les « v »,
- les « oa », « oe »,
- les traits d’union pour relier les pronoms enclitiques etc.
• Tout ce qui constitue le patrimoine scriptural béarnais est absent car la langue source est le languedocien médiéval.
• En conséquence, en appliquant cette graphie languedocienne au béarnais, les idéologues occitanistes ont détruit sciemment le patrimoine scriptural médiéval du Béarn, normalisé par le professeur béarnais Vastin Lespy dans sa Grammaire béarnaise de 1858****, patrimoine en grande partie conservé par miracle jusqu’à maintenant dans les noms propres et en particulier dans la toponymie. Ci-dessous quelques exemples de destruction occitaniste de notre histoire et de notre identité :
• « Soeix » devient « Soeish » en graphie « classique » (languedocienne)
• « Baudreix » devient « Baudreish » en graphie « classique » (languedocienne)
• « Morlaas » devient « Morlans » en graphie « classique » (languedocienne)
• « Goés » ([é] fermé) devient « Güèrs » en graphie « classique » (languedocienne)
• « Poey » ([é] fermé) devient « Puèi » en graphie « classique » (languedocienne)

• Etc...
__________
(1) Voir la graphie des cartulaires de la vallée d'Ossau

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