Nos ancêtres les Aquitains...

Nos ancêtres les Aquitains...
La langue béarnaise, dont nous vous donnons quelque aperçu dans ce livret, est une langue romane ou, plus précisément, aquitano-romane. de même que le gallo-roman résulte de la transformation linguistique du latin par les Gaulois, l’aquitano-roman résulte quant à lui de la transformation linguistique d’un latin similaire par les Aquitains dont César (1) nous dit qu’ils étaient séparés des Gaulois par la Garonne, et que Strabon (2) décrit comme étant différents des Gaulois tant par l’aspect physique que par le langage, d’où la distinction opérée ici par nous-mêmes entre « gallo-roman » et « aquitano-roman ». Les Aquitains n’étant ni gaulois ni même celtes, parlant une langue non celtique et ayant été partiellement celtisés uniquement autour de Bordeaux (Burdigala), l’appellation de « gallo-roman » pour caractériser le roman parlé en aquitaine (novempopulanie) ne nous semble pas historiquement pertinente.
Plus clairement, l’intégration de l’aire aquitano-romane du nord des Pyrénées dans la Gallo-romania nous semble relever bien davantage du mythe fondateur hexagonal français que d’une étude historique sérieuse.
L’aire linguistique aquitano-romane se confond au nord des Pyrénées avec le domaine linguistique gascon, ce triangle délimité approximativement par l’océan atlantique, la Garonne et les Pyrénées. Au sud des Pyrénées, les limites de l’aire aquitano-romane sont plus difficiles à établir, l’état actuel de la recherche ne le permet pas encore nettement. Ce que l’on peut cependant affirmer d’ores et déjà, c’est que les Pyrénées ne constituent pas une frontière conformément à la situation de l’aire géographique considérée au moment de la conquête romaine ; en revanche, la Garonne en constitue une bien marquée. Quant à la langue des aquitains, tout laisse à penser qu’elle était de type proto-basque, c’est-à-dire non celtique et même préindoeuropéenne.
En tant que langue aquitano-romane, et donc romane malgré tout, le béarnais est apparenté à ses voisins proches ou lointains que sont le languedocien, le limousin, l’auvergnat, le provençal, le nissard, le catalan, l’aragonais, le castillan, le portugais, l’italien, le français...
Cependant, si toutes ces langues dérivent du latin, l’hybridation linguistique et culturelle dont elles sont aussi le résultat, varie de l’une à l’autre en fonction notamment du substrat en cause. Les ancêtres des Béarnais et des Gascons (3), les aquitains, leur ont transmis des spécificités culturelles irréductibles qu’on retrouve dans leur langue. Celle-ci se différencie ainsi nettement de celles de leurs voisins immédiats, du languedocien par exemple.
Quant au béarnais, il concentre en son sein tous les traits caractéristiques de l’aquitano-roman et jouit d’autre part d’une notoriété due au prestige historique et littéraire qu’il a acquis depuis un millénaire.
Comme toute langue vivant en liberté, le béarnais n’est pas standardisé et varie de village en village. Vous pourrez ainsi découvrir la formidable richesse de cette langue qui, sous la première apparence de latinité, recèle un caractère tout à fait particulier.
Le Béarn est heureux de vous initier dans ces quelques pages à l’une de ses nombreuses traditions : sa langue.
---------------------
1• « Gallos ab aquitanis Garumna flumen dividit. » c’est-à-dire : « La rivière Garonne sépare les Gaulois des Aquitains. »
2• « ...les Aquitains diffèrent des peuples de race gauloise tant par leur constitution physique que par la langue qu’ils parlent, et ressemblent bien davantage aux Ibères. » STRABON géographe et historien grec (-63 env. à env. 25)

3• ...et des Basques, soit dit en passant...
---------------------
Tiré du Guide de conversation français-béarnais
             

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire